Le rappeur tunisien A.L.A dans le clip Maradona.
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A.L.A règle ses comptes avec CHBK Music

Le rappeur tunisien A.L.A s’est récemment exprimé sur le conflit qui l’oppose à son désormais ex-label, CHBK Music. Dans une vidéo publiée le 26 avril 2020, il énumère les raisons qui l’ont poussé à rompre son contrat. A.L.A accuse CHBK de tenter de le saboter, entre autres, en retirant un de ses albums des plateformes de streaming. Décryptage.

CHBK, un label très en vue au Maghreb

Avec 879000 abonnés et 145 millions de vues sur YouTube, A.L.A figure parmi les rappeurs tunisiens les plus populaires. Il signe, en 2017, un contrat avec le label discographique CHBK Music, basé à Beyrouth, au Liban. Bien implanté dans la région MENA, ce label gère notamment le développement et la promotion de nombreux artistes d’envergure. Le contrat d’A.L.A, d’une durée initiale de 24 mois puis étendu à cinq ans après renouvellement, lui donnait droit à plusieurs privilèges. Le principal était, selon le rappeur, la dispense des frais d’enregistrement avec la mise à sa disposition d’un studio. Le contrat prévoyait également la vérification des réseaux sociaux de l’artiste ainsi que la distribution digitale de sa musique.

A.L.A lésé par CHBK Music ?

Visiblement insatisfait du rendement du label, A.L.A reproche à CHBK de n’avoir pas rempli sa part du marché. Tout d’abord, le rappeur fait remarquer que ses pages sur Instagram et Facebook n’ont toujours pas été vérifiées. Ensuite, il se plaint de l’indisponibilité du studio d’enregistrement promis par CHBK Music dans le contrat. Un problème qu’il dit avoir réglé en investissant pour monter son propre studio où il enregistre désormais ses titres. Enfin, A.L.A traite carrément CHBK de “voleurs”, regrettant que le label perçoive 30% des revenus générés par sa musique. Un pourcentage injustifié selon A.L.A qui estime que CHBK n’est pas un distributeur mais seulement un intermédiaire sous-traitant avec Believe. Le célèbre distributeur français toucherait d’ailleurs 30% à son tour, laissant les 40% restants à l’artiste. Et ce, alors que le contrat stipulerait que 70% reviennent à A.L.A et 30% à CHBK, toujours selon le rappeur.

A.L.A - TAW NETSAREF (Official Video)

A.L.A quitte CHBK Music

Le rappeur de Zahrouni décide alors de publier son album Traplife sur Spotify par lui-même et sans passer par CHBK. Une manière pour A.L.A de contourner son label et d’éviter de lui verser la commission de 30%. Par ailleurs, le rappeur reproche à CHBK Music de ne pas protéger ses droits d’auteur sur YouTube. Ce qui laisse le champ libre aux chaînes non officielles, qui publient les morceaux issus de Traplife sans autorisation. A.L.A affirme également qu’il aurait dû se produire au Festival International de Bizerte mais que CHBK l’en aurait empêché en usant de sa qualité de sponsor médiatique de l’événement.

Enfin, l’artiste annonce qu’il a quitté le label, indiquant qu’il a dû verser une compensation financière pour résilier son contrat. Mais le conflit entre A.L.A et CHBK n’est pas pour autant résolu, bien au contraire. Le rappeur accuse maintenant son ex-label d’avoir retiré son premier album, On the Road, des plateformes de streaming. Un opus qui contenait notamment le tube U.Z.I, qui totalisait plus d’un million de streams. Puis, le 27 avril, le clip de LVL 10, son plus récent single, est à son tour supprimé de YouTube. A.L.A sort désormais sa musique via la structure ZZH5 qu’il semble avoir monté avec son collègue El Castro. Pour ce qui est de la distribution, il fait appel aux services de l’entreprise américaine Symphonic Distribution.

A.L.A règle ses comptes avec CHBK Music